In My Mind

A-t-on encore le droit d’avoir mal?

J’ai de plus en plus l’impression à l’heure actuelle que la philosophie générale, c’est d’être gagnant dans ce qui nous arrive.

Qui n’a jamais dit à une amie qui se retrouve à nouveau célibataire : « t’inquiètes pas, tu en retrouveras un autre! », « sors de chez toi, passe à autre chose », « arrête de te lamenter, bouge toi, ça va passer ». Avec toujours ce même principe de « il y a bien pire dans la vie quand même! ».

Il y a cette autre optique aussi, qui peut arriver surtout quand le gars t’as fait un coup de pute (oui, ça arrive) « fais comme ci de rien n’était, montre lui que tu n’en as rien à faire », « il n’en valait pas la peine, ne perd pas ton temps et tes larmes pour lui », et puis souvent la même rengaine « passe à autre chose ».

Les gens n’aiment pas voir leur amis se lamenter. Je comprend, ça m’arrive parfois aussi.

Mais pourquoi attend-on de la personne qu’elle se comporte en super-héros? qu’elle gère ce qui la chagrine en gardant la tête haute, un maquillage parfait, le sourire ultra-brite?

C’est se montrer forte, oui…mais c’est aussi à mon sens s’oublier soi, et ce dont on a besoin.

Etant donné que récemment j’ai atteint mon quota de blessures que je suis capable d’intégrer et de gérer, j’ai décidé d’arrêter une activité que je faisais avec un groupe de connaissances. Activité que j’avais rejointe justement parce que je les trouvais sympas, et que je m’amusais bien avec eux.

Il y a eu un trop plein…biens sûr c’est parce que ça a un peu dévié de l’idée d’origine. Bien sûr. Mais je n’entend pas tout encaisser, et continuer à y aller comme si de rien n’était. Je n’ai pas envie non plus de m’en prendre à qui que ce soit. Mais j’estime avoir le droit d’être blessée, et de réagir à ma façon.

J’ai eu du mal à prendre cette décision. Une partie de moi, justement, me disait de continuer, de ne pas leur donner d’importance.

Une autre s’est demandée si, vu la tournure que prenait le bazar, j’avais vraiment envie de continuer à y aller. Et la réponse est non.

Peut être que je ne serais pas comprise. Qu’on me trouvera ridicule. Que je fais une montagne de pas grand chose. Mais c’est ce dont j’ai besoin.

Par contre, si j’avais pu, j’aurais laissé ceci comme mot avant de disparaître :

Cher Bidule (je commence par toi, car faut bien commencer par quelqu’un). J’ai été ravie de cette soirée ou tu m’as draguée au vu de tout le monde. Un peu moins il est vrai du superbe râteau que tu m’as mis deux semaines plus tard. Je suis contente de savoir que la raison que tu invoques, c’est que je ressemble trop à ton ex. Savoir qu’on a un sosie dans le monde, c’est toujours important, et j’aimerais bien la rencontrer d’ailleurs. Je suis heureuse de savoir que malgré tout, tu te dis quand même me concernant « je verrais bien ». De mon côté, sache que quand on me remballe d’un très sec « j’ai pas le temps pour toi », en général je pardonne pas. Il ne fait pas écrit open bar sur mon front non plus. Donc je crois que tu verras bien trèèèèèès longtemps.

Cher Machin, sache que j’ai beaucoup apprécié tes confidences sur le fait que j’avais trop l’air d’une princesse (jeune femme de bonne famille qui à l’air (trop) sage – sans doute l’impression d’être une sainte-nitouche), mais qu’en me connaissant mieux, tu te rends compte que je suis plus « abordable ». J’ai été ravie que tu me lâches, à peine une semaine plus tard, que quand même j’ai l’air d’une fille « qui cherche » – genre allumeuse. Pas de chance pour toi, de toute évidence, si je cherche, ce sera tout le monde sauf toi, on est bien d’accord. En sachant que tu manges à tout les râteliers de toute façon, plus rien ne m’étonne…

Cher Last-but-not-least, je suis vraiment ravie d’apprendre grâce à toi qu’il y a des gars sur cette terre qui acceptent les avances d’une jeune femme. Qui les reçoivent pour un dîner en leur disant que « si je n’en ai rien à faire de toi, tu crois que je me serais cassé la tête comme ça? », que tu acceptes de la voir quand elle te le demande, que tu l’appelles pour voir comment s’est passé la sortie de la veille, est prêt à débarquer le soir même chez elle quand elle te dit qu’elle a envie de te voir. D’accepter de se voir quelques jours plus tard. Mais juste avant cette date, de draguer la copine de cette fille à une soirée (qui aura donc eu les échos de ladite amie, pas au courant de la liaison secrète). Et de finalement avouer à la jeune femme qui t’étais un peu attachée, qu’en fait tu n’avais jamais eu envie de sortir avec elle – d’ailleurs on en reste là, et on reste bons amis (même si officiellement on était pas ensemble). Tout ça pour une histoire qui devait rester une aventure bon enfant…

Enfin bref, cher vous tous, je suis ravie que ma route ait croisée les vôtres. Ne serait-ce que pour me rappeler ce que je ne dois pas devenir.

Je ne vais pas, hélas, pouvoir totalement vous éviter. Mais pour certaines choses oui. Et j’estime que tout ça, arrivé en un mois à peine, ça fait beaucoup.

Donc…..bon débarras!
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24 réflexions au sujet de « A-t-on encore le droit d’avoir mal? »

  1. La phrase qui me gonfle le plus? Tu vas vite retrouver (homme, boulot, corps de rêve)… Celle-là je ne l’encaisse plus.
    D’ailleurs j’encaisse plus les cons non plus et là tu nous as sorti une belle brochette typique !

  2. c’est ça au nom de quoi on se doit d’être toujours parfaite ? on a le droit de dire merde et de faire ce qu’on veut sans se forcer ! si tu ne voulais plus aller dans ce groupe tu as eu raison d’arrêter bien que ça te fasse chier mais faut pas se forcer à se faire plaisir !! et désormais tu sais dans quoi tu ne veux pas aller et ça c’est vachement bien !!!

  3. merci pour ces lettres ouvertes, j’en adresserais bien quelques unes du genre à d’autres messieurs bien intentionnés… et 1000 fois oui on a le droit à nos baisses de moral et à de petites imperfections aléatoires 🙂

  4. Que répondre aux gens que te disent :T’inquiète pas ca va s’arranger, ca pourrait être pire, tu pourrais être malade, franchement t’es pas si mal lotie, j’en connais un qui…
    Tu leur dis juste : MERDE !
    Sérieusement oui y a surement pire ailleurs, mais t’es pas ailleurs t’es dans tes baskets et tes baskets t’es mal dedans.
    Prends du temps pour toi et quand ca ira mieux achètes toi d’autres chaussures 😀

  5. Putain tu les as enchainé les cons! j’espère que tu vas bien quand même… en tout cas tu sais qu’ici tu n’as pas besoin de jouer la femme forte et tu peux laisser libre court à tes émotions, on est là pour ça 🙂

  6. C’est tellement vrai, il faut toujours être parfait, ne jamais montrer de signes de faibless, on refoule tout, c’est le cas pour tout aujourd’hui! Continues sur cette voix! good luck!

  7. Quand une amie te dis des chose comme ça, c’est pas parce qu’elle n’aime pas te voir te lamenter (ou alors c’est qu’elle n’est pas pédagogue, et ce n’est pas une bonne amie), c’est plutot parce qu’elle te vois mal et ne sait pas quoi dire pour te réconforter, et ces phrases-ci réconforte parfois justement. 🙂

    1. Je sais que ça ne part pas d’une mauvaise intention. Mais répondre « tu as raison d’être triste, je suis là pour toi, on va se regarder un bon film, etc » fait parfois bien plus de bien que nier l’importance de ce que l’autre endure non? 😉

  8. Moi j’ai remarqué ça après la mort de ma mère… Certaines personnes sont devenues mal à l’aise, évitant de faire allusion à maman, alors que pour mon père, ma soeur et moi c’est important de parler d’elle. Même si parfois ça fait mal, elle est en nous, et c’est important de la faire vivre en l’évoquant…

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