In My Mind

L’effort, c’est pour les constipés

– effortconstipé

 

Ou « le syndrome de la chaussure trop petite de deux pointures ».

Il y a un an, j’ai commencé des cours de piano. Mon bonheur, mon plaisir d’après-boulot, ma bulle d’oxygène… La personne qui m’avait recommandée la prof était quelqu’un d’assez spécial. J’aurais du me méfier de son « je l’adore car elle a un haut niveau d’exigence. Le piano, faut bosser! ». Comprendre : c’est pas pour les glandeurs.

Pourtant avec le recul, je me suis dit pas grave…mon but n’étant pas de faire le Conservatoire, mais simplement de savoir jouer les partitions de mes chansons préférées. Même s’il me fallait 10 ans…c’est un loisir. C’est un plaisir.

Au début tout allait bien, je progressais vite. Puis sont arrivées les premières difficultés, les premières remarques piquantes. Les cours n’étaient plus qu’une succession de « ça, ça ne va pas ». Les encouragements rares. Les premières incohérences ont suivi. Des remarques positives sur un morceau pas travaillé depuis deux semaines (en secret). Des perceptions d’évolutions alors que je lui cachais ne pas changer ma façon de travailler. Des promesses de commencer des partitions sans y aboutir.

Je commençais à y aller avec des pieds de plomb. Je commençait à reporter les cours où j’estimais ne pas avoir assez travaillé les morceaux, de peur de subir des cours complets de remarques négatives.

Je me suis rappelée que la personne qui me l’a recommandée, est comme elle. Elles ne vivent que pour leur travail. Dans la vie, il faut faire comme ça, il faut faire des efforts, il faut, il faut…

Quelle est cette société où on accorde de valeur qu’à ce qu’on l’obtient par l’effort?

Qui n’a jamais eu peur du jugement des autres s’il exprimait…avoir envie de changer de métier alors que l’actuel est un job en or? De vivre avec moins d’argent mais mieux? Ou comme moi, de quitter une activité sans persévérer parce que ça devient absence de plaisir?

Une petite histoire pour réfléchir…

Un homme entre dans un magasin de chaussures, et un aimable vendeur s’approche de lui:

« – En quoi puis je vous être utile monsieur?

– Je voudrais une paire de chaussures noires comme celles qui se trouvent en vitrine

– Bien monsieur, voyons, la pointure que vous cherchez doit être…du 41…c’est bien ça?

– Non, je voudrais du 39 s’il vous plaît.

– Pardonnez moi, vingt ans que je fais ce métier, j’ai mesuré, je suis sûr. Du 41.

– Je voudrais du 39.

– Enfin vous voyez bien que…

– Dites moi, qui a payer ces chaussures, vous ou moi?

– Vous

– Dans ce cas apportez moi une paire de chaussures en 39.

Le vendeur se dit enfin que peut être, c’est pour un cadeau. Mais le monsieur lui demande un chausse pied pour les essayer.

Après plusieurs tentatives et positions, le client arrive enfin à les enfiler.

Il semble avoir mal, fait la grimace en marchant, mais dis quand même « je les prends ».

Rien qu’à le regarder, le vendeur a mal aux pieds, mais s’exécute.

Le client sort, et termine son après midi de travail. Il est caissier à la banque. A la fin de la journée, il a le visage défait, les yeux rouges, des larmes aux yeux…Son collègue qui l’a observé s’inquiète.

– Tu te sens mal?

– Non ce sont mes chaussures, elles sont deux pointures en dessous de la mienne.

– Elles sont à qui?

– A moi

– Je ne comprends pas, t’as pas mal aux pieds?

– Horriblement!

– Et alors?

– Je t’explique, je n’ai pas de grandes satisfactions dans la vie. En réalité, ces derniers temps, je connais peu de moments agréables.

– Hé bien?

– Ces chaussures me martyrisent. Je souffre terriblement, mais dans quelques heures, quand j’arriverai chez moi, je les enlèverai. Imagines tu le plaisir que je vais éprouver? Quel plaisir, quel plaisir mon vieux!

Je crois qu’on nous a trop longtemps inculqué cela…Fait des efforts, travaille beaucoup, tu profiteras après, surtout pas maintenant, persévère, même si c’est dur, même si ça ne t’amuse pas.

Pourtant, je crois, comme l’auteur, qu’il n’y a rien de véritablement précieux que l’on puisse obtenir par l’effort.

Concernant mon cours, j’ai annulé, je pense ou continuer par moi-même, ou reprendre un autre prof. Quelqu’un devant qui je pourrais me présenter quand, les semaines où je n’aurais pas su travailler pour des raisons personnelles, se contentera de me guider sans me juger.

Pour la petite histoire, ma prof, prévenue par sms, ne m’a même pas répondu, et ce malgré les deux cours payés d’avance…

laissemoiteraconter

 

Et pour ceux que ça intéresse, cette histoire et réflexion est inspirée de ce livre, que vous pouvez acheter ici (C’est un livre que je conseille vivement pour aider à réfléchir sur soi).
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16 réflexions au sujet de « L’effort, c’est pour les constipés »

  1. Tiens, ça me fait penser à mes réflexions que j’avais aujourd’hui en rentrant du travail.

    Je pensais à tout ceux qui disposaient de beaux objets, une belle voiture voire deux, une maison individuelle dans un petit coin très chic, le dernier gadget Apple à la mode et ainsi de suite.

    Je n’ai jamais ressentis de jalousie envers ces gens là. On n’a rarement rien sans rien, certains ont certes plus de chance que d’autres et tant mieux pour ceux-là, mais je me demande quelle vie ont-ils eu pour en arriver là, combien de fois sont-ils rentrés chez eux si près des minuits, combien de week-end à travailler ?

    Je n’ai jamais su être ainsi, à l’époque comme aujourd’hui ma priorité allait à ma famille, mes amis, mes loisirs. Je n’ai pas changé de philosophie, cela ne m’empêcha pas d’avoir été heureux alors.

    Il faut vivre les choses telles qu’on les rêve, pas comme on nous dit de le faire, implicitement ou explicitement.

    Un beau billet plein d’inspirations, merci. 🙂

  2. « après l’effort, le réconfort », combien de fois n’avons nous pas entendu cette phrase ?
    Ton article fait écho à des réflexions que je me faisais récemment, en me tâtant pour arrêter le sport ou pas, je me disais « pourquoi je m’inflige ça ? je n’ai plus envie d’y aller, ne prend plus aucun plaisir aux cours, j’ai l’impression d’être une obèse dans un camps d’amaigrissement, pour quoi je m’inflige ça, qui ou quoi m’y oblige ? » et franchement je cherche encore la réponse. Parce qu’après je me sentirai mieux il paraît. Parce que c’est bon pour la ligne il paraît. Parce que c’est ce qu’on attend de moi il paraît. O_o

  3. Le plaisir doit rester un plaisir. J’ai eu de scours de guitare , pour le plaisir et a force de s’entendre dire: tu n’as pas assez travaille alors que j’avais mes devoirs avant tout a faire….j’ai laisse tomber!

  4. J’ai fait du piano plus petite et j’ai arrêté après 5 ans. En académie, le niveau d’exigence était élevé, trop élevé et pour moi, il s’agissait juste d’un plaisir. Je prenais toujours autant de plaisir à jouer à la maison, mais aller au cours, devenait un supplice, la prof disait que je ne travaillais pas assez et s’énervait beaucoup… au point qu’elle a réclamé que mon grand-père assiste au cours, ce qui a eu l’effet inverse de ce qu’elle attendait, quand mon grand-père a vu comment se passait les cours et en a parlé à ma mère, on a décidé d’arrêter. J’étais en secondaire, je rentrais à la maison à 17h, j’avais les devoirs à faire et la prof estimait que je devais encore faire une heure de piano par jour.
    Sur le moment, ça a été un soulagement d’arrêter les cours, aujourd’hui, je le regrette peut-être un peu… Je sais encore jouer quelques gammes, une comptine à une main et c’est tout ce qu’il m’en reste. En même temps, à l’époque, les académies étaient plutôt faites pour « faire » des musiciens, avec un système d’examen devant jury et une note minimale pour passer au niveau supérieur, pas pour ceux qui veulent juste jouer d’un instrument pour le plaisir… Un jour, peut-être, je reprendrais des cours…

  5. Mwouai je vois… perso quand quelque chose me saoule de trop, je fais une pause. Parfois, en revenant quelques temps après ça va mieux, et si ce n’est pas le cas je ferme définitivement la porte.

  6. Que je te comprends !
    J’avais commencé à 23 ans des cours de chant classique pour mon plaisir. Je n’ai que qq petites bases de solfèges, j’ai pas trop d’oreille (en plus j’ai une oreille qui n’entend qu’à 30%), et je me souviens de ce prof de conservatoire à un an de la retraite, sans encouragements, toujours à dire que ça n’allait pas… Résultat ça m’a crispé et je n’ose même plus chantonner chez moi car il m’a carrément complexée >_<
    Les efforts, les efforts, le travail… On y passe sa vie et qd ça ne paie jamais à hauteur, quelle déception !

  7. Je faisais de l’équitation un jour et j’avais une collègue qui se faisait crier dessus par le moniteur. Un jour elle lui a dit « ça ne change rien que tu gueules, j’ai 60 ans, si je ne fais pas ce que tu me dis c’est que je n’y arrive pas » et c’est ça…. Y a des façons de faire… Surtout quand c’est du loisir !

  8. Je suis bien d’accord ! Il faut vraiment faire les choses avec plaisir et cest a ce moment la que les choses prennent de la valeur ! Pas la peine de s’user ou s’enterrer dans quelque chose qui ne nous apporte aucune satisfaction mais juste le regard des autres !

  9. Ouh le petit lien sponso bien caché pour Amazon… 😉
    Walter, il a pas mal voyagé, et il trouve que c’est quand même quand il en chie que ce sont les meilleurs moments ou qu’arrivent les meilleures choses.
    « On n’a rien sans rien » quand même, faut pas déconner.

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