In My Mind

Un bout d’enfance

morceaudenfance

Ca m’a pris devant le rayon petit-déjeuner du magasin. Je ne jure plus depuis longtemps que par les pâtes à tartiner sans huile de palme, meilleures pour la santé. Et là, j’ai pris un pot de Kw**ta. Avec le pain qu’on mangeait chez moi.

Pourtant cette pâte à tartiner n’est pas associée à un bon souvenir dans ma tête. Lorsque mes parents se sont séparés, les premières fois où je suis allée dormir chez mon père, plus de N***a, mais cette marque là. Je l’ai détestée, non pas pour son goût, mais pour le changement qu’elle incarnait dans ma vie.

Mais pour le moment je ne fais que ça. Je cherche des goûts, des sensations, des odeurs de chez moi. D’avant. De chez mes parents. Surtout de mes grands-parents.

Je recherche le souvenir et la sensation de ces moments entre cousins, de ces fous rires, de mon grand-père (qui portait d’ailleurs souvent un chapeau pareil à celui de la photo) qui menaçait gentiment à travers la grille le chien qui m’avait mordu quelques mois auparavant. Pour me montrer qu’il me défendait. Qui nous préparait des plats pas du tout équilibrés le mercredi après midi après l’école, ceux que les enfants adorent. Il était le plus fort. Le plus doux. Le plus gentil.

Ah! Et ces moments où on mangeait des marrons grillés après les avoir ramassés dans les bois avec mes parents et mon frère. Les documentaires du commandant Cousteau le dimanche après midi à la télévision. La cuisine avec ma mère. Les réunions de famille, les bruits, les voix.

Tous ces moments où les grands savaient… Quoi? ça je ne sais pas, enfant pour moi ils savaient tout. Maintenant c’est moi qui suis adulte, à leur place, et j’ai l’impression de ne rien savoir.

Je n’arrive plus à me rassurer pour le moment. Sur ma vie, ma vie sentimentale, mon avenir, ma santé, je suis pleine de doutes et les crises d’angoisse ont beau dos. Alors je cherche la sensation de ces moments où j’avais l’impression que les adultes me protégeaient, et qu’il ne m’arriverait rien avec eux. Que le chemin était tracé.

Quand je suis partie il y a un an en vacances dans la famille de mon grand-père, son frère m’a dit « Je me souviens, petite, tu étais tout le temps dans ta chambre, seule avec tes livres. Tout le temps! Et lui disait « non, laisse la tranquille, laisse la avec ses livres ». Ma gorge s’est nouée mais j’ai souri. Lui au moins m’avais toujours comprise. Rare sont ceux depuis dont je peux dire la même chose.

Dans ces moments de brouillard que je connais actuellement, ma vie de famille d’enfant me manque, et la sécurité qui va avec. Alors, en attendant qu’elle revienne, je ressors les albums, je cuisine les plats familiaux, je cherche dans mes souvenirs, comme un bonbon sucré que je laisserai fondre sur la langue, les yeux un peu humides.
Rendez-vous sur Hellocoton !

Publicités

4 réflexions au sujet de « Un bout d’enfance »

  1. Comme je te comprends… on était si bien enfants et insouciants… Mais contrairement à toi je ne cherche pas ces odeurs, je parle avec mes grands parents déjà partis (et mon grand père avait aussi ce chapeau… chapeau que j’ai gardé) en espérant avoir un peu de leur soutien/amour/force de là où ils sont… Courage ma belle 💜

  2. C’est émouvant, c’est dur de grandir et de s’éloigner de ces tendres moments d’enfance … Beaucoup de courage, bisous ❤

  3. Hello ! Comme toi, j’ai dû faire face à des crises d’angoisse pendant quelques années. Oui, parce que grandir, ce n’est pas toujours évident, on tend à s’éloigner de la sécurité, du confort familial et l’avenir peut faire peur. Je comprends ce besoin de te rattacher à des souvenirs. Mais la vie, c’est maintenant qu’il faut la vivre, ni dans le passé, ni dans le futur. Il faut savoir l’apprécier sur l’instant, même si cela ne semble pas évident. Pour les crises d’angoisse, je te conseille la sophrologie, c’est ce qui m’a guéri. Il m’arrive encore d’être stressée, mais non plus angoissée. Si tu es angoissée, tu dois le ressentir dans ta poitrine, dans ton ventre, dans ta gorge. La respiration qu’on apprend en sophrologie, c’est la base de la vie. Si tu respires bien, finis les angoisses et tu arriveras à te concentrer sur le présent, en savourant chaque instant. Courage, malgré ces difficultés, la vie est là, elle est belle et pleine de surprises !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s