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Nos boîtes de Pandore

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Hier soir je pensais à toi, là, comme ça. Et tu sais quoi? Le soir d’avant aussi. Et la veille de celui-ci aussi. Ca a commencé bêtement, je me suis dit que dans un mois et demi, j’allais fêter mes 35 ans. Je me suis demandée, si je faisais le point sur ma vie écoulée jusqu’ici, quelle était l’histoire qui m’avait marquée, vraiment. Et ton image s’est imposée à mon esprit.

Tout m’est revenu. La rencontre. Ce moment où je me suis dit que, quand même, tu étais moche. Oui ça a commencé comme ça. Tu m’as regardée de ton bureau, sans l’ombre d’un sourire, et j’ai fermé la porte en me disant « pffff ». Puis il y a eu la suite. Les tentatives de charme quand on se croisait, les sourires, les blagues. J’ai toujours été plus sensible au charme qu’à la beauté, le savais-tu?

Puis il y a eu cette fois où tu m’as demandé mon numéro. J’ai hésité. J’ai dit non. J’ai rappelé un autre jour. Je te l’ai donné. Tu ne l’as pas noté car tu n’étais pas seul. Tu me l’as redemandé. Le jeu était lancé. Les sms. Les blagues. A chaque question de ma part sur où tout ça nous menait, l’ambiguité à commencé : jamais de réponse claire. Ni oui ni non. Ca a basculé dans ma tête le jour où tu m’as envoyé ce sms, moi pleurant le soir sur mon lit  mon grand-père tout juste enterré. Un simple « comment vas tu? ». Une bouteille d’attention lancée dans une mer de solitude. J’avais tellement besoin de toi.

Le temps s’est écoulé. Ma patience fondait comme neige au soleil. J’ai fini par exploser. Une fois, deux fois…Tu en as profité pour en jouer. Se lancer à deux si je réagissais comme ça….pourtant, il y a eu cette fois : « Ecoute, je veux savoir, je suis amoureuse de toi, c’est oui ou c’est non ». Tu as fait comme d’habitude. « On verra ».

On ne verra rien du tout, en fait. Puis j’ai appris. Que c’était dans tes habitudes. J’ai encaissé le fait que tu m’avais rabaissée, humiliée derrière mon dos en m’insultant, tu me prenais pour une faible chose sous ta coupe. Mais moi, je suis quelqu’un qu’on n’apprivoise jamais totalement. Je sais encore que quand cette femme m’a raconté l’aventure que tu avais eu avec X, elle l’a dit pour me voir me briser, et j’ai juste serré les dents. J’ai juste encaissé les humiliations.

Tu te souviens? cette fois où je me suis mise à pleurer devant toi, en te disant que je ne voulais plus te voir, te croiser, ce n’était plus possible, et toi qui épluchais bêtement une mandarine en me parlant d’autres choses, alors que les larmes coulaient. Tu as nié ce que je ressentais. Et ça s’est enchaîné, chaque fois que je reparlais de nos conversations, tu les niais, de quoi je parlais, j’étais une folle, une folle furieuse. Tu n’avais jamais eu l’intention de quoique ce soit avec moi.

J’ai longtemps cherché des réponses. Qu’étais-je pour toi? pourquoi tout ça? avais tu vraiment eu l’envie d’être avec moi à un moment? où tout cela n’était il que manipulation? Ces réponses, je ne les aurai jamais…

A l’aube de mes 35 ans, je regarde bêtement mon téléphone, en me demandant si, depuis qu’on ne se croise plus, tu penses à moi parfois? où m’as tu totalement oubliée?

Je me souviens, quand j’ai eu 30 ans, tu étais déjà une « histoire » derrière moi. Et contre toute attente, tu m’as souhaité mon anniversaire avec un sms. J’ai ri. J’ai tellement ri que mon rire s’est transformé en sanglots. A quoi bon? il n’y aurait jamais rien entre nous…

Je me souviens. Cette fois où tu m’as envoyé une blague, comme ça. Moi qui te demande où tu as eu mon numéro que j’avais pris soin de changer par la suite, exprès pour toi. Pas de réponse. L’angoisse que ça recommence, ce petit jeu de venir me chercher puis ne plus me répondre. Alors je te renvoie que c’est un numéro privé, merci de ne pas t’en servir. Rien. Puis quand on se croisera deux semaines plus tard, seul à seule, tu me diras que tu as pensé de moi que j’étais vraiment une petite conne. « Et tu sais quoi? direct effacé ton numéro! ». Je le sais. Je l’ai fait pour mon bien.

Et maintenant, tu me reviens à l’esprit.

Je me souviens. De cette unique fois où, je t’ai attrapé par la manche, j’ai tiré légèrement et je me suis penchée pour te faire la bise. Tu t’es retourné, je ne m’y attendais pas. Face à face. Tout près l’un de l’autre. Une seconde qui dure une éternité. Ton sourire, qui se demande si je vais oser me pencher. Moi qui me recule, te fais juste la bise et te traite de con en partant. Je n’ai pas pu. Ca n’aurait pas été un vrai baiser.

Tu as passé tellement de temps à me faire croire que j’avais tout imaginé…quelle ironie de savoir que certains ont pensé que je m’éloignais car tu me courrais après! Tu vois, finalement ce n’était pas que moi…

Tout ça est derrière moi. Mais tu as été le début du reste. De beaucoup de changements. Et tu sais quoi? Aujourd’hui je suis heureuse. Seule, mais heureuse, voyageuse, curieuse, je me lie comme je me délie des gens. Mais je reconnais…

Qu’aujourd’hui encore, je connais ton numéro de bureau et de gsm par coeur. Malgré tout ce temps écoulé. Ta date d’anniversaire. Tes goûts. Et j’ai souvent envie d’entendre ta voix. De savoir comment tu vas, sauf que je sais que tu m’as oubliée. Que je n’ai jamais vraiment existé pour toi. Et que tu as sans doute pris une autre, plus manipulable, moins dangereuse, car moins amoureuse. Je crois que tu es la dernière personne que j’ai aimé d’un amour fou. Je ne m’en sens plus capable depuis. Et tu ne méritais absolument pas mes sentiments. Erreur classique.

J’ai envie de savoir tout ça car c’est une histoire qui n’a jamais commencé dans le fond. Inachevée. Ma boîte de Pandore, comme vous avez les vôtres. Si je l’ouvrais, si je te contactais, je me remettrais dans de gros ennuis, les angoisses seraient de retour. Les démons sortiraient.

Je sais aussi qui tu es maintenant. Tu es quelqu’un qu’il vaut mieux éviter, car tu aimes manipuler les gens, et tu n’es jamais sincère.

Je vais avoir 35 ans, je suppose que passer le cap de la seconde moitié de ma vie, les yeux bandés, m’effraie. Comme je l’étais à l’époque quand on s’est rencontrés.

Je n’ai plus besoin de toi. Je suis libre et indépendante.

Mais quelque part, tout au fond de moi, bien caché, je crois bien que tu seras toujours là, dans une boîte sous scellés.
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5 réflexions au sujet de « Nos boîtes de Pandore »

  1. Je viens de te lire et je suis encore une fois bluffé par la beauté de ton écriture !

    Sur le fond, je te souhaite du plus profond de mon âme de réussir à oublier totalement cette personne.

    Certes elle t’a fait connaitre le grand Amour mais elle t’a également fais énormément souffrir. L’un ne compense pas l’autre, jamais.

    Alors même si cela relève de l’impossible a priori, j’espère que tu parviendra a effacer ce tableau noir pour le recouvrir d’écritures enfantines avec toutes les couleurs de la vie et l’aide de quelqu’un qui te donnera son coeur pour guérir tes blessures.

    Au fait, 35 ans c’est le tiers de la vie 😉
    Et sache que je la savoure 10000 fois plus depuis que j ai franchi cette étape

    Merci de ton partage
    Nixul

  2. Un homme qui nous fait souffrir ne mérite pas notre amour ni même une de nos pensées… il a joué avec toi et tes sentiments, cela n’aurait mené à rien 😉

    Mais je sais ce que c’est (pas plus tard qu’hier je jouais les commères sur le FB d’un ex… d’il y a 8/9 ans mais qui m’a marqué)

    35 ans c’est un chiffre et uniquement ça… Le meilleur reste à venir, j’en suis persuadée.

    Courage ma belle 😘😘

  3. J’ai lu ton article 2 fois tellement je l’ai trouvé beau, émouvant.
    Tu as réussi ce petit tour magique de me faire vive l’histoire, le moment.
    Des boites de Pandore, nous en avons toutes. On peut oublier des mots, des gestes et des paroles, mais personne n’oublie les émotions.
    Sinon ça serait trop simple non? Je crois que personne n’oublie vraiment jamais
    Et heureusement ! Cela permet de nous renforcer, de croire en nous, en notre capacité à aller de l’avant.

    J’ai adoré ton article. J’aime ton écriture. J’aime ta manière de parler des sentiments

    A très bientôt
    Louli ❤

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