In My Mind

Une fille à contretemps

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Il y a une semaine et des poussières, ma thérapeute shiatsu me dit ceci : « alors voilà, d’habitude il faut trois séances, mais ici deux suffiront, donc celle-ci est la dernière. Aujourd’hui, j’ai « travaillé » sur les méridiens qui renvoient à l’enfant intérieur, la confiance en soi. Aussi au niveau du foie où on sent une grande colère. Enfin, cela semble « bloquer » avec le côté « masculin ». Pas la partie masculine en nous, comme on a un côté féminin et masculin, non, avec le « masculin extérieur ».

Ha.

Lol.

Flash-back, 5 jours plus tôt

J’ai eu des nouvelles d’un gars que je croise parfois, mais pas souvent, via mon job. Pour la petite histoire, relire ici (seule chose à savoir, à l’époque il n’est pas devenu papa, un malheureux soucis médical). Le truc que je n’ai pas raconté donc, c’est que cet été, quand j’ai traversé une période de grande déprime et angoisses, il m’a fait une déclaration en étant mort bourré à base de « je t’aime, je veux te voir, je veux te faire l’amour ». Comme il est toujours avec sa copine, je n’ai rien dit et lui ai fait la morale le lendemain. Depuis je ne savais pas ce qu’il s’était passé. Innocemment, je supposais qu’il y avait peut être eu du changement dans sa vie, après tout, si tu fais une déclaration à une fille, tu te poses des questions sur ton couple non ?

Non. Là, tout en me proposant qu’on aille manger un bout pour discuter, il m’apprend qu’il va être papa….dans un mois. Quand j’ai raccroché, j’ai calculé, sa copine devait déjà être enceinte au moment de sa « déclaration ». Je fais la supposition romantique qu’il ne le savait pas au moment où on s’est parlé cet été,  que ça a du être difficile et qu’il a du faire le bon choix pour lui. Je le saurai dans 8 jours, lors du resto. En attendant, je suis sous le choc, parce que mine de rien je suis humaine. Un mec me dit « je t’aime », et ça devient ça ? WTF ?

Flash-back, 2 jours avant la séance shiatsu

Un autre gars avec qui j’ai eu une aventure il y a 5 ans ( !) me recontacte. Alors je vais vous le dire tout de suite : je suis la fautive. De m’être mise dans cette histoire à l’époque déjà, parce que je savais qu’il avait une copine, mais voilà, je me sentais seule et ça faisait des années qu’on ne m’avait plus draguée. Je l’ai payé cher avec cette histoire : outre le côté mécanique du « un jour pour parler, un jour pour baiser », j’ai été bien punie. Un jour où je me suis plainte d’un mal de ventre, le gars s’est monté un film sur le fait que je voulais me faire mettre enceinte, par lui forcément, car mine de rien, j’étais une célibataire désespérée de 30 ans passé, lui un dieu, donc forcément, forcément…même si je lui avais bien dit que je ne voulais pas d’enfant, impossible pour lui de me croire. Un passage chez mon médecin pour lui prouver ses torts, et il a été dégagé. Il revient donc maintenant, pour prendre de mes nouvelles. Je réponds à peine, n’entretiens pas la conversation, et ça finit par tomber : « pourquoi tu ne veux pas retenter ? ». Je lui réponds la réalité : que rien ne me donne l’idée ni l’envie. Il ne comprend pas. Il a souvenir de bons moments (traduire : chauds). Il finit par me renvoyer qu’il peut comprendre, mais que ce n’est certainement pas à cause de la relation en soi (forcément, il se voit comme un dieu du sexe), mais parce qu’il n’a pas été sympa, et irrespectueux à la fin de l’histoire. Donc il se souvient bien de tout…mais ça ne l’empêche pas de retenter le coup. Tout va bien.

Retour au présent

Alors quand ma thérapeute shiatsu me dit que j’ai de la « colère en moi », je me dis « oui bon, un petit peu sans doute hihihihihihihi »

Le lendemain

J’ai le resto avec le premier gars dont je parle. C’est très simple : on n’a parlé que du boulot, puis de l’aménagement de sa maison pour la future naissance. Il n’a toujours pas l’air plus épanoui dans son couple, parle beaucoup de « on verra bien ». C’est moi, au final, et avant qu’il ne parte, qui lui reparle de ce qu’il s’est passé.

« – Tu savais déjà qu’elle était enceinte quand tu m’as dit ça cet été ?

– Heu…je ne sais plus…je crois oui…toute façon, quelle importance ?

(WHAT ???)

– Heu…heu…tu savais mais tu m’as quand même dit ça ?

– Ben c’est normal, tu es quand même très désirable. »

Ok. Donc. « Je t’aime » is the new « je veux t’baiser ».

Ok.

Pas ok en fait.

Je n’ai plus rien dit, choquée, il a pris ça pour un signe, s’est rapproché, m’a pris la main et…m’a juste fait la bise en partant.

Peut être bien que je suis plus en colère contre certains hommes que ce que je ne crois.

Et puis il y a quelques jours…Last but not Least…

Je recroise sur internet mon ex d’il y a deux ans. Je vous parlais de la fin de cette histoire ici. Faut savoir que depuis que cette histoire est finie, je me rends compte que c’est le dernier gars avec qui j’ai réussi à avoir une histoire qui a un peu plus duré, mais surtout où j’avais l’impression d’être moi-même. Ce qui n’est plus arrivé, ICI et ICI.

Alors quand je le croise sur internet, je lui demande comment il va, on discute.

Il me dit…qu’il y a des choses qui ont changé. Il a repris un rythme un peu plus normal. Il a beaucoup bossé. Il me dit surtout qu’à l’époque il a hésité à revenir vers moi, mais qu’il avait lu l’article le concernant et que ça l’avait refroidi. Qu’il s’était rendu compte qu’il ne nous avait pas laissé de réelle chance. Que j’ai quand même « beaucoup compté ».

Beaucoup. Compté.

Bien écoute…(oui parce que je vais supposer que cet article-ci tu le liras peut-être aussi)

Si en relisant l’article de l’époque je peux me rendre compte qu’il a du piquer, je me rends compte aussi que ce qui est dit est VRAI. Oui, ça fait mal, mais c’est ce que j’ai vécu. Passer toutes mes matinées seules le weekend, faire tous les trajets, t’entendre minimiser tout risque de « projets » : oulalala toi faire des projets, dans le milieu où tu bosses et où tout est incertain, dur dur…Tu ne sauras jamais de quoi demain est fait. C’est le discours que tu me tenais à l’époque.

Franchement pendant deux jours, je me suis rendue malade. Je n’ai pas dormi, j’ai fait de grosses angoisses, avec cette peur d’avoir de nouveau raté le coche. D’avoir encore été la fille à contretemps, celle qui n’a jamais sa chance car ce n’est pas le bon moment, et qui sait ce que ça aurait pu donner « si… »

Malade je te dis.

Malade que tout se soit joué à cet article.

Alors quand tu m’as dit que si j’avais besoin d’en discuter vu que ça me perturbait, tu voulais bien aller boire un verre. J’ai hésité. Longuement. Revoir le gars pour qui je fondais littéralement, qui semble avoir mis de côté tout ce qui gênait à l’époque, ça fait envie. Ca perturbe.

Oui mais voilà…

De un, rien n’a changé. Aller boire un verre veut dire prendre ma voiture pour monter jusque là. Et physiquement, je ne peux plus….C’est pour ça aussi qu’à l’époque je n’ai plus pu continuer l’histoire. Je me rendais malade à l’idée de faire le trajet pour quelqu’un qui ne s’investissait pas avec moi.

Et puis surtout…c’est tellement facile. J’ai beaucoup compté, mais apparemment pas suffisamment pour mettre ton ego blessé de côté face à certaines vérités. Oui elles étaient piquantes, elles faisaient mal. Mais autant être réaliste non?

Si tu n’as pas, à l’époque, su faire le tri de ce qui était dû à toi, si tu n’as pas pris ta moto pour venir jusque chez moi en parler, c’est que finalement je n’ai pas tant compté que ça. Revois ça plutôt comme un « c’était sympa ».

Parce que me dire ça de façon aussi nonchalante, c’est oublier qu’on a mis fin à notre relation par simples messages, parce que moi je ne voulais pas faire la route pour me faire plaquer, et toi l’envisager quel délire! Parce que c’est minimiser tous les soirs que j’ai passé à sursauter parce que j’entendais une moto et que j’espérais que c’était toi qui avait eu un électrochoc et une remise en question.

Alors ce « beaucoup compté », je le vois plutôt comme une façon d’être « gentil ». Comme tu l’as dit, tu es souvent rancunier, mais pas avec moi. Ce serait cocasse en même temps, note. D’être rancunier parce que j’ai écrit ce que je ressentais, là où toi tu n’as pas fait l’effort de t’investir.

Alors oui, colère il y a, après coup, parce que dans le fond j’ai sans doute un très lointain quelque chose en moi que ce « et si… » a blessé.

Parce qu’il faut que j’arrête de me remettre en question.

Je ne suis pas le contretemps de quelqu’un. Le mauvais moment, la mauvaise personne au mauvais endroit. Je vais juste à mon rythme à moi. Et il faut que je le respecte. Et si l’autre en face ne veut pas se synchroniser dessus, une seule chose à faire : avancer.
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