Un an de pandémie

Pas facile d’être un an plus tard et d’avoir pourtant l’impression d’en être au même point, mais en pire. La pandémie a chamboulé nos vies, et j’avais envie de faire le point, sur où j’en suis.

Au bout d’un an, j’ai un immense sentiment de solitude, mais un sentiment très ambivalent dirai-je. D’un côté, moi qui suis d’une nature solitaire et très indépendante, j’ai du m’habituer à vivre non-stop avec quelqu’un, et n’avoir plus jamais de moments à moi que je chérissais tant. Ou alors, il faut prévoir, s’arranger, mais dur de demander à monsieur de partir de la maison quand il n’y a rien à faire, personne à voir, et rien d’ouvert. L’inverse est vrai aussi. Partir me balader, seule, peu tentant quand j’ai besoin d’être au calme à la maison. A l’inverse, je me rends compte que l’absence de contacts sociaux réguliers m’impose une solitude forcée qui est beaucoup plus pesante que ce que je pensais. En dehors du boulot, je n’ai que très peu de contacts avec des gens.

Et le boulot, parlons-en. Dur dur d’être fonctionnaire et travailleur social. Dur de gérer sa propre santé mentale, quand on rentre chez soi, et de s’occuper de celle des autres en journée. Pas facile non plus de travailler dans un milieu de plus en plus dysfonctionnel, avec des collègues qui profitent du système. Sans compter la blessure d’avoir « perdu » la relation que j’avais avec certaines d’entre elles. Comment rester proches quand on ne fait plus que se croiser? Quand certaines qu’on appréciait ne croient toujours pas au coronavirus et pense que c’est juste « du stress »? Ou bien quand, bizarrement, elles ne sont jamais disponibles pour équilibrer un horaire et te soulager, sauf bien sûr quand elles sont dans la situation inverse? Comment supporter de croiser autant de personnes en faisant mon travail (avec masque bien sûr, et tout le tralala), alors qu’en dehors j’ai l’impression que je n’ai plus de vie?

D’une seule façon : l’épuisement. Je m’épuise au boulot, je rentre lessivée, contrariée, en colère, et je rentre « m’enfermer » chez moi. Ce qui crée des tensions aussi avec monsieur. Ce qui induit un joli cercle vicieux de mal-être.

Je me rends compte que ma vie avait un chouette équilibre avant. Entre mes quelques amis que je voyais épisodiquement, les dîners avec ceux de monsieur, nos familles respectives à voir, souvent une formation ou une activité/sport que je commençais, mes moments en solitaire, les petits voyages de ci-de là, j’avais un vrai équilibre social.

La pandémie me renvoie juste à un sentiment de solitude, sans que je sache s’il est vrai ou provoqué. Les échanges me manquent. J’en viens à regretter les forums, le temps des blogs humeurs. Je me maudis 100 fois de ne pas avoir plus investi les amitiés croisées. Et en même temps, je ne saurais rien y changer actuellement.

Je suis donc épuisée.

Et un peu déprimée.

Mes 40 ans approche à grand pas. De l’idée de départ, un beau voyage, changé « en pourquoi pas l’Ecosse » après le premier confinement (pour espérer y voir des loutres et des orques), en terminant par « pourquoi pas une journée exceptionnelle à Bruxelles? », je me rends compte que je vais passer ce cap en ayant l’impression d’être très seule, et sans ce qui me fait vibrer. Depuis longtemps j’aime me chouchouter le jour de mon annif. Je ne demande même pas à voir du monde. Mais j’aime, ce jour-là, avoir l’impression d’un coup de folie. Un côté « journée de reine ». Que je ne vivrai sans doute pas.

J’ai perdu ma capacité à rêver en perdant ma liberté. J’ai perdu ma petite flamme, un peu depuis le décès de mon père suivi quasi directement de cette pandémie.

Je sais que cet article peut sembler une énorme plainte, et d’ailleurs c’est le cas. Oui il y a pire, oui il y a des gens qui ont perdu leur boulot, leurs revenus, des proches, oui je m’en sors encore bien. Mais ça ne veut pas dire que je n’en souffre pas.

Je me bats et je me débats. J’ai pensé à une reconversion professionnelle, je suis une formation, l’idée serait d’allier de la rédaction web, l’écriture d’articles SEO, mais également des bases du métier de correctrice. Je continue tous les jours à me dire « ça pourrait être pire ». Je me gâte de temps en temps avec des des produits du Japon ou des livres.

Mais je me débats pour éviter d’avoir la tête sous l’eau.

Cet été, je suis quand même partie en France, vu qu’on pouvait. Je n’avais pas besoin d’un voyage à 10000km pour souffler et recharger mes batteries. Non, j’avais juste besoin de savoir que c’était possible, de l’organiser, de le rêver et de le vivre.

J’en rêvais de ma journée à Paris, à me balader dans le quartier japonais, passer chez Junku, manger à une belle adresse et boire un verre avec ma copine avant de rentrer chez moi. J’avais dis Novembre, puis février, puis pendant le congé de Pâques, puis j’arrête d’y songer.

J’avance sans perspectives, sans carotte pour m’aider à faire un pas après l’autre. J’essaie de rêver, mais j’abandonne quotidiennement.

Mais bien sûr qu’il y a des petites choses quotidiennes qui aident à tenir. Bien sûr. Mais ça aide à tenir le coup. Pas à vivre.

J’aime la vie. Mais je voudrais qu’elle me le rende de temps en temps.

Et si toi aussi tu as envie de te plaindre, laisse moi un petit message 😉

PS : ça fait du bien de se défouler, vous devriez essayer 😀

Un commentaire sur « Un an de pandémie »

  1. Si on a des blog life style c’est pour justement se libérer de ce qui nous mine, un peu beaucoup. Bien sûr qu’on s’y plaint, mais c’est parce que justement c’est NOTRE espace et qu’on ne peut faire ça nulle part ailleurs.
    J’espère que ton article t’auras soulagé un peu. Je te fais des câlins de loin, même s’ils sont que virtuels 😘

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