Parfois l’amour ne suffit pas

Il y a parfois des choses bien compliquées à faire. Comme essayer de résumer 4 ans de sa vie. Comme reconnaître qu’on s’est trompé. Ou encore essayer de comprendre pourquoi on s’est trompé.

Parfois je me demande même si tout ceci aurait pu avoir une autre issue. J’ai beau chercher, je ne pense pas.

Au départ, je pensais que tout serait facile. C’est drôle, je me suis dit ça pendant ma période de célibat quand je pensais à essayer de faire une rencontre. Et je me suis dit la même chose quand je suis sortie avec lui, mon ex. Pour une fois, un mec me plaît, je lui plais, il ne joue pas avec moi, il semble rechercher une relation sérieuse, et l’étincelle est là. Facile non? la plupart des films romantiques s’arrêtent ici, notez-le, car maintenant plus que jamais je sais pourquoi.

Pourtant il y a des choses qui au début m’ont fait lever un sourcil (oui, un, je ne sais lever qu’un sourcil). « Ohoh la remise en question n’est pas son fort », après une discussion chez lui. « Il a l’air fort critique quand même ». Ou encore « il est quand même fort rigide ». Mais tout cela, je le balayais avec des étoiles dans les yeux. Je me disais : ne fais pas comme d’habitude, ne juge pas trop vite, tu vas encore tout faire capoter.

Et puis on avance. Il n’est pas trop à faire des compliments. En même temps ce n’est pas grave, trop ça me met mal à l’aise. Il n’aime pas beaucoup parler. Ce n’est pas grave, notre relation me suffit avec le reste. Il n’est pas très démonstratif. Bah, je vais m’y habituer. La liste était longue. La liste de ce à quoi j’étais prête à m’habituer pour que ça marche. Oui, car si ça fait longtemps que sur le plan du féminisme, je suis égalitaire dans les tâches ménagères à la maison, j’ai oublié de l’être pour une chose essentielle : prendre soin du couple.

La conclusion : un couple où j’entendais souvent plein de trucs. Je n’étais pas assez sociable (vu que j’aime parfois rester chez moi au lieu de sortir), pas assez aventureuse (vu que je n’aime pas les sports extrêmes), je faisais trop de bruit en mangeant (en vrai il était misophone), j’étais « sale » (car je faisais parfois l’impasse du brossage de dents le soir), si je mettais du fond de teint, c’était moche, si je n’en mettais pas, j’avais une sale peau… Et puis surtout, je suis susceptible. Bien sûr. J’ai eu beau lui expliquer qu’avec tout ce qu’il me mettait sur les épaules, ça devenait compliqué, je devais apprendre à rire de moi. Il s’y attelait donc très bien. Tout en n’était pas câlin ni démonstratif, ni branché compliments, ni romantique, ni dans la discussion ou l’écoute…

Je crois que le pire est venu pendant le confinement. Même si déjà avant, je me souviens avoir pensé qu’en fait, je m’ennuyais. Ca n’avait rien de génial d’être en couple, la même vie qu’avant, avec deux fois plus de contraintes. Mais à la fin du confinement, je me souviens avoir dit « je n’ai personne à qui parler ». En vivant avec quelqu’un. Lui.

Et pourtant, malgré ça, ce n’est pas ça qui aura mis le point final. Non, c’est son incapacité à se mettre de côté, à ne pas ouvrir la bouche pour me blesser et me laisser passer une bonne journée qui m’a achevée. Ca et le fait qu’on sentait depuis longtemps que le vent avait tourné. Lui voulait un enfant. Très, très, très fort. Son obsession de vie. Et moi, qui à la base n’en voulait pas, qui avait failli changer d’avis avec lui, je m’étais rendu compte depuis un moment que jamais il n’y en aurait. Avec lui. Parce que simplement notre couple ne fonctionnait pas.

L’histoire s’est arrêtée.

Et puis je me suis demandée pourquoi (et en toute sincérité, plusieurs personnes me l’ont demandé aussi).

Je n’ai pas de réponse précise. Seulement des hypothèses. Avoir voulu aller trop vite en voulant croire à la « magie ». Avoir eu envie que merde, pour une fois, ce soit mon tour. Être persuadée que si les sentiments sont là, la relation marchera. Avoir voulu croire dans les périodes « chouettes » entre les (trop) nombreux couacs. Avoir cru que si je me mettais de côté, et me faisait petite, ça marcherait.

Ben devinez quoi? Non.

Non seulement ça n’a pas marché, mais j’ai supporté un stress assez formidable. Celui de voir que ma relation patinait, car d’un côté elle ne m’apportait pas ce dont j’avais besoin. Et d’un autre, celui de devoir réparer moi-même les conneries qu’il faisait et qui m’éloignait de lui. Parce que je voulais plus que tout que ça marche. Parce qu’il voulait une relation sérieuse, qu’on avait même acheté une maison ensemble. Il voulait une relation sérieuse, mais sans en prendre soin. Et là, tu as deux clans. Ceux qui se disent qu’une relation doit marcher naturellement sinon ça sert à rien. D’autres qui disent qu’un couple ça s’entretient et c’est des compromis.

Je ne sais pas qui a raison. Ce que je sais juste, c’est que moi, j’ai confondu compromis et sacrifices. Pour quelqu’un pour qui me faire la conversation au resto était parfois trop « stressant » car il détester parler. Juste avec moi, car sinon il parle avec les autres. Certes, pas au point de faire un exposé. Mais le gars super sociable, devinez quoi? C’était lui.

Ce qui me fait peur, ce n’est pas de me retrouver seule. C’est de l’être à 40 ans, et de ne plus sentir que je me sens capable de quoi que ce soit. Bien sûr, c’est tout récent. Mais j’ai du mal à croire que je vais vraiment trouver un jour quelqu’un qui me correspond. Je ne sais plus si je pourrais mettre autant d’énergie dans un couple. Revivre ce stress. Et puis surtout, si j’ai bien compris une chose, c’est que je dois m’aimer et surtout accepter ce que je suis. Une femme de 40 ans, sans enfant. Qui est passionnée par le Japon, le Canada, les orques (et la faune d’une manière générale), les bons restos, les couchers de soleil (même si de chez moi je ne les vois plus), le ciel étoilé la nuit, la nature, les balades, et les chouettes discussions autour d’un verre. Mais désolée, vraiment pas pour tenir un foyer, élever des gosses, avoir une villa, un labrador et trois enfants, et faire la popote pour recevoir la belle-famille le weekend.

Voilà qui je suis.

Un commentaire sur « Parfois l’amour ne suffit pas »

  1. Je suis très touchée par cet article, car je traverse moi même une période un peu délicate en ce moment qui me conduit à des réflexions assez similaires… Courage pour affronter la tempête !

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